Le principe du transfert









      Le principe consiste à filmer l'image de la pellicule à travers l'objectif du projecteur, en fait, il s'agit de l'image virtuelle renvoyée par un miroir optique et agrandie par une lentille. Certes, il a existé une autre méthode (pardon pour le participe  passé), la méthode par projection, je l'ai utilisée, comme beaucoup, elle donne des résultats très convenables, mais très en deçà de la méthode du condenseur optique. Quant au boîtier miracle, projection sur un dépoli, c'est une machine à faire du grain, le système le plus mauvais et pourtant il suffit d'aller sur eBay pour voir qu'elle tient, malgré tout,  la côte...La quasi totalité des "machines", grand public, vendues pour faire du transfert et à des prix bien supérieurs au prix d'un projecteur et d'un condenseur (3 à 4 fois), appliquent le  principe du transfert par boîtier condenseur, ou système équivalent, la différence essentielle est l'asservissement de la vitesse au top synchro du caméscope, ce qui garantit une absence totale de battement de lumière et de cisaillement de l'image (BM 1200 Sony, le Beaulieu).

      Le projecteur n'a plus la fonction de projeter, il ne sert qu'à l'avancement du film et à son éclairage par une lampe de faible puissance à travers un diffuseur de lumière, c'est essentiel pour bien appréhender tous les réglages, il faut raisonner par rapport au caméscope qui a pour mission de filmer une image de quelques  millimètres carrés, qui doit être parfaitement éclairée et agrandie par l'objectif du projecteur, par la lentille et le zoom du caméscope .

        L'intensité lumineuse de la  lampe d'origine étant trop forte pour les capteurs CCD, au risque de les détruire, il est impératif  de la remplacer  par une lampe halogène de 5 à 20 W et de mettre en place un diffuseur de lumière devant la fenêtre de projection, un fond de boîtier de CD ou un morceau de plexiglas translucide font très bien l'affaire. Le remplacement de la lampe permet, si on utilise un transformateur pour lampe halogène, de faire un arrêt sur l'image, sans risque pour le film, et ainsi de faire tranquillement tous les réglages, alignement, cadrage, mise au point, balance des blancs...etc

      Question souvent posée : "A quoi sert le diffuseur de lumière ?", je serais tenté de répondre, faites un essai et vous verrez....Vous verrez le filament de la lampe, un halo lumineux au milieu de l'image. Comme je le dis plus haut, le projecteur n'a plus sa fonction de projection, il ne sert qu'à éclairer l'image par l'arrière de la façon la plus homogène possible, d'où l'obligation de mettre en place un diffuseur de lumière, qui a pour fonction de supprimer les défauts d'éclairages constatés dans la méthode par projection.

      Par ailleurs, ne pas oublier que le caméscope "photographie" des images fixes (pendant 1/16,66°s), donc la vitesse d'obturation n'aura aucune incidence sur la fluidité du film (pourvu que le caméscope termine son cycle, le minimum est le 1/25°) mais uniquement sur la luminosité, la fluidité est obtenue par le nombre d'images par seconde. En revanche pour filmer, en dehors du transfert, des objets en mouvement, il est important de rester autour du 1/50° pour éviter l'effet de saccade que ce soit en mode entrelacé ou en mode progressif, d'ou le faux procès que l'on fait aux caméscopes HDV en mode progressif qui, soit disant, provoquerait un effet de saccade.







        L'image Ir a une hauteur de l'ordre de 5 cm, elle est donc agrandie 10 fois par l'objectif du projecteur réglé sur sa  focale la plus longue (25 mm), elle se situe à environ 10 cm (zone de netteté) devant la lentille 3 dioptries. L'image Iv ,qui est l'image vue par le caméscope, est agrandie de l'ordre de 1,5 fois par la lentille, elle est située (zone de netteté) au niveau de l'objectif du projecteur.


     


    Le choix de l'objectif du projecteur :


    • Pour le 8 mm, il faut impérativement un objectif avec une focale minimum de 25 mm, les objectifs F 20 mm ne permettent pas d'obtenir une image correcte et utiliser une lentille de 5 dioptries à la place d'une 3 dioptries n'est d'aucune utilité, au contraire.

    • Pour le Super 8, une focale de 25 mm est parfaite.

    • Pour le 9,5 mm, le minimum est une focale de 35 mm.

    • Pour le 16 mm, le minimum est une focale de 50 mm.





    Le diffuseur et la lampe halogène faible puissance.



      Les projecteurs ont été conçus pour fonctionner à 16, 18 ou 24 ips, si on transfère à ces vitesses, des variations de lumière très désagréables apparaissent.
      Ces battements de lumière sont dus à un défaut de synchronisme  entre la vitesse de défilement du projecteur et la vitesse de capture du caméscope (25 ips), la luminosité de l'image N avec l'image N+x varie à cause du passage de la pale  de l'obturateur au mauvais moment (x doit, donc, être infini)  . La vitesse du projecteur doit, donc, impérativement être réglée, à une vitesse bien particulière (un multiple entier du nombre de pales), à 16,6666 images par seconde, pour un obturateur à 3 pales et à 25 ips pour un 2 pales.


      Les moyens de réglages sont très divers :

    • sur les projecteurs muets, le plus souvent, il s'agit d'un rhéostat situé en façade.

    • la plupart des projecteurs sonores sont dotés de moteur synchrone dont les  vitesses  18 et 24 ips sont préréglées au moyen de résistances variables très facilement repérables. Il faut donc modifier ce réglage au moyen d'un tournevis.

    • quelques projecteurs sont dotés de système mécanique, poulie variable ou le système très particulier des Eumig, séries 7 et 8.

    • enfin certains n'ont pas de variateur, mais juste les deux vitesses. Pour ramener la vitesse à 16,66 ips, il faut augmenter de 8% (un peu moins en fait, de 7,4%)  le diamètre de la la poulie 18 ips de l'obturateur (Elmo ST 1200. Bauer T600, Heurtier P6-24). Cette modification est très facile à réaliser avec une lanière de caoutchouc, collée à la néoprène, ajustée ensuite avec une lime à ongle, le moteur en marche. Ces projecteurs sont d'une stabilité exceptionnelle, puisque la vitesse est régulée par la période du courant alternatif.

    Conclusion: TOUS LES PROJECTEURS SONT APTES A FAIRE DU TRANSFERT, les meilleurs sont ceux qui ont un bon objectif, une griffe à deux dents et une bonne stabilité de la vitesse. La stabilité de la vitesse dépend de la puissance du moteur, du mode de régulation et de la qualité de fabrication, notamment la rotation de l'axe principal avec un minimum de point dur à chaque changement d'image est primordial.

      La bonne vitesse est obtenue lorsque les papillotements ou les battements de la lumière disparaissent de l'écran du moniteur, c'est à dire lorsque le temps d'ouverture du diaphragme s'exécute dans le temps de l'éclairement de l'image. Par ailleurs, l'amplitude du scintillement dépend essentiellement du temps d'ouverture, plus il est proche du temps d'éclairement, plus elle est faible. Sur un obturateur à 3 pales (autour de 40° par pale) à 16,66 ips,  le temps d'éclairement de chaque trame est de l'ordre de 1/75°, la vitesse d'obturation la plus proche est 1/100°, ce qui donne en mode tramé, une obturation optimale de 1/50° par image.

      Comment étalonner la vitesse :

    • Le plus facile, c'est l'oeil, lorsque les papillotements ne sont plus visibles. Les résultats sont approximatifs mais suffisants. Il est plus efficace d'utiliser un moniteur LCD qui a une rémanence inférieure à un moniteur à tube cathodique. 

    • Si le projecteur possède  un compteur d'images, il suffit d'un chronomètre.

    • Fabriquer un film test. Un mètre de film Super 8 contient 235 images (1 image= 4,22 mm), donc 5 mètres donneront une durée :

                                                                    235 X 5 / 16.66 = 70.5 secondes.




      Avec un logiciel de traitement du son, il est très facile de vérifier la vitesse. Il suffit d'importer un fichier AVI comportant le bruit du projecteur et de compter, pour une seconde,  les pics qui correspondent au bruit de la griffe à chaque changement d'image, certes, c'est moins précis qu'un film test ou qu'un compteur d'image, mais cela donne une idée (surtout avec des projecteurs anciens qui ont 1 ou 2 pales et dont la vitesse est multipliée par un rapport d'engrenage inconnu) .

      On peut utiliser un tachymètre digital en plaçant la pastille réfléchissante sur une pale, à 16,66 ips on doit obtenir 1000 tours/mn et à 25 ips 1500, à l'usage, on peut se passer de la pastille réfléchissante et mesurer la vitesse à travers l'objectif, dans ce cas, il faut obtenir respectivement 3000 et 4500 tours/mn.









           








            Tachymètre digital (20 € sur Ebay)


       

          Fichier Audio des cliquetis du Supertri Heurtier. Un pic = une image.







      La formule pourrait s'écrire ainsi :

        Vitesse du projecteur  X  Nb de pales  = Vitesse d'obturation (shutter)


      Le zoom du projecteur doit être sur, ou proche de, la position maximum de la focale.


      En sachant que,  en mode tramé, l'image étant constituée de deux trames (une impaire et une paire), au 1/50°, le caméscope  "shutte" chaque trame au 1/100° entre chaque passage des pales, donc à 16,6666 ips, avec un obturateur à 3 pales une image sur trois est cisaillée, c'est-à-dire constituée, la trame impaire, de l'image N du film (pale 3-1) et la trame paire, de l'image N+1 du film (pale 1-2) . A 25 ips avec un projecteur 2 pales , si la vitesse était parfaite, sans aucune variation ni glissement, toutes les images seraient soit conformes à l'orignal, soit toutes cisaillées. Heureusement ça n'arrive jamais et de plus le cisaillement ne se voit pas à la projection, d'ailleurs un film Super 8 n'est qu'une suite d'images qui cisaillent la réalité au 1/30°s, donc le cisaillement n'est qu'une anticipation sur l'image suivante, de plus, pour un film à 18 ips, la numérisation exécutée à 25 ips nécessite l'ajout d'images et la solution d'ajouter des images faites avec la trame 1 de l'image précédente et la trame 2  de l'image suivante est la meilleure des solutions.


        16,66...  X 3      = 50°
        25          X 2      = 50°
        25          X 3      = 75°

    Avec une limite minimum de 1/25°, en deçà, commence les saccades et les filages, parce que le caméscope ne finit pas son cycle (des images ne sont pas capturées).

      Au USA, où les caméscopes fonctionnent en NTSC à 30 ips (29,97),  avec un shutter au 1/60°, on a :

        20 ips      X 3  =  60°




    flicker.wmv

    Tais-toi et RAME...!!





      La même séquence a été transférée à des vitesses différentes, 16,66, 18, 24 et 25 ips avec des réglages différents de l'obturateur, 1/25°, 1/50° et 1/75°. On constate, qu'à 16,66 ips l'obturateur doit être réglé au 1/50° ou au 1/25° (au 1/75° le papillotement apparaît), à 25 ips , il doit être réglé au 1/25° ou au 1/75° (au 1/50° le papillotement apparaît). L'essai a été fait avec le Visacustic qui est doté de 3 pales et dont les quatre vitesses 16,66, 18, 24 et 25 ips sont réglées d'origine. Pour les clips à 25 ips, la vitesse a été ramenée à 18 ips avec Studio (Effet vitesse 72%).

      j'ai lu, sur un Forum, qu'il n'était pas nécessaire de régler l'obturateur du caméscope du moment que la vitesse du projecteur était de 16,66 ips, que l'on me montre le transfert, avec un shutter différent de 1/25° ou de 1/50°, c'est n'importe quoi !!!.


      Fichier compressé 100 fois.


      Pour les transferts  à 16,66 ips de films tournés à 18 ips, il est préférable de ne pas augmenter la vitesse avec le logiciel de montage, en revanche pour les films tournés à 24 ips, c'est impératif, surtout pour les films sonores. L'augmentation de la vitesse est de 44 %.


      Le boîtier condenseur est constitué d'une lentille de 3 dioptries, ou d'un grossissement commercial de 1.75,  d'un diamètre minimum de 130 mm, et d'un miroir OPTIQUE placé à 45°, qui a pour fonction de redresser l'image, de 125 mm par 160 mm,  d'un côté, il est constitué comme un miroir traditionnel et de l'autre, la couche réfléchissante est en surface (d'où l'appellation aussi de miroir première surface). La lentille et  le miroir peuvent être achetés sur Internet ou dans certaines Grandes Surfaces pour la lentille, c'est le type  de lentilles qui équipent  les lampes loupes. Pour ceux dont le zoom du caméscope est limité à 10, il faudrait, paraît-il, une lentille de 5 dioptries,  personnellement, mes tests avec deux caméscopes, le Sony FX7 et le HC1 et un projecteur Elmo ST 180 doté d'un zoom 15/25 mm, je n'ai eu aucun problème et avec de la marge pour avoir la totalité de l'image (voir le transfert en HDV).

      Le boîtier condenseur est positionné devant le projecteur à une distance de 30 à 35 cm, aligné parfaitement, le centre de l'objectif du projecteur en face du centre de la lentille et le caméscope entre 80 et 130 cm à 90° de l'axe projecteur-lentille, le centre  de l'objectif du caméscope à la même hauteur que l'objectif du projecteur. Tout défaut d'alignement entraîne l'apparition d'aberrations chromatiques.

      Le caméscope doit être configuré en réglage manuel, si possible : 

    • l'obturateur sur 1/50 s

    • manoeuvrer le zoom, jusqu'à ce que l'image remplisse (et un peu plus) le LCD du caméscope, si l'on ne tient pas compte de l'effet Overscan, dans le cas contraire, il y aura un cadre noir sur le moniteur du PC qui disparaîtra sur la Télévision.

    • l'autofocus en automatique pendant la mise au point avec le focus du projecteur, et ensuite en manuel, une fois les réglages terminés.

    • faire une balance des blancs manuelle, si possible. Il y a plusieurs méthodes :

               

    sur la lumière du projecteur, la température de couleur de la lumière sera prise en compte, mais pas la dominante provoquée par le support du film,  l'idéal c'est d'avoir une image blanche (quelques fois en début de film).


               

    sur une image bien équilibrée, c'est-à-dire comportant, en parts égales, les trois couleurs fondamentales. C'est encore mieux, dans ce cas, de "flouter" l'image au maximum, par exemple, en sortant l'objectif jusqu'à avoir l'écran du moniteur d'une couleur uniforme.


                 

    sur certains caméscopes, haut de game, il est possible d'intervenir sur les trois couleurs, mais attention, on bascule très vite vers une autre dominante. Ne pas oublier que tous les logiciels de montage ont des filtres qui permettent la correction chromatique.



    De même , certains caméscopes ont deux modes d'enregistrement, un mode "normal" et un mode film ou image par image ou frame, choisir ce mode qui améliore la résolution verticale jusqu'à une fois et demie.







     








            Principe du transfert.



    Neutraliser une dominante en faisant la balance des blancs par interposition d'un filtre en gélatine :









    Sur l'image de gauche, la balance des blancs est faite sur la lumière du projecteur. Le film a viré.

    Par interposition d'un filtre gélatine de la même couleur que la dominante devant l'objectif du caméscope on peut la neutraliser. Dans le cas ci-contre, le filtre est trop fort et provoque une dominante verte.













    Le filtre est presque adapté, la dominante a fortement diminué, elle sera supprimée avec le logiciel de montage.









    Les deux filtres Magenta utilisés.



    CapturFinal.wmv

    Un exemple de transfert : à gauche la capture, à droite le résultat final.




    La capture est sous-exposée pour ne pas "cramer" les parties claires et pour permettre d'ajouter au montage du gamma qui compensera, en partie, la différence de dynamique entre l'argentique et le numérique (11 diaphragmes pour l'argentique, 7 pour le numérique). La balance des blancs étant faite une fois pour toute, sur une bobine de 120 mètres, l'apparition de dominantes est inéluctable (quel que soit le matériel et la méthode utilisés), ces dominantes (bleues, rouges ou vertes) et les écarts de luminosité seront corrigés au moment du montage. Les soi-disants professionnels qui, pour certains, mettent en avant la technicité et le prix des matériels qu'ils utilisent ne peuvent pas obtenir des résultats aussi bons, cela demande du temps.... hélas, on ne peut rien faire si le film est flou, au départ.


    Le fichier est compressé 10 fois.
     







    Pour faciliter ces réglages, il est préférable, de brancher la sortie AV du caméscope sur l'entrée AV d'une télévision qui sert de moniteur. De même qu'il est plus aisée d'avoir une alimentation séparée de la lampe du projecteur, ce qui permet de faire la mise au point plus tranquillement, sans aucun risque pour le film avec une lampe de faible puissance.

    Quand tous ces réglages sont terminés, une pression sur le bouton "rouge" et c'est parti, il ne reste plus qu'à vérifier la vitesse du projecteur (pour ceux dotés d'un rhéostat, pour les autres, en principe, ce n'est pas nécessaire) et la modifier légèrement en cas d'apparition de papillotements (en règle générale, il faut l'augmenter).

    Une fois le film dans la boite, il ne reste plus qu'à le capturer avec le logiciel de montage et à le monter, le nettoyer (collages, images loupées etc), le sonoriser pour enfin le graver sur un DVD.

    Numériser 1 heure de film, c'est, au minimum, 2 heures avec la capture, plus le temps de montage qui est très variable suivant la complexité de la sonorisation. On peut gagner le temps de capture en branchant la sortie DV du caméscope à l'entrée Firewire de la carte d'acquisition de l'ordinateur, le logiciel  de montage étant en configuration de capture, solution intéressante qui permet d'économiser les têtes de lecture, de même qu'il est souhaitable de brancher le caméscope sur le secteur et de neutraliser l'économiseur d'énergie ce qui l'empêche de s'arrêter au bout de 3 ou 5 minutes. Une autre variante tout aussi intéressante, c'est d'utiliser le logiciel (gratuit) développé  par Paul Glagla, Captureflux (voir le lien, en page d'accueil), qui a l'avantage de permettre le transfert plein écran, très pratique pour la mise au point, ce qui évite d'utiliser une télévision.

    Certains sont en train ICI de mettre en place une variante de ce système de transfert en synchronisant la vitesse du projecteur à 25 ips, sur les tops synchro du caméscope, ce qui devrait garantir, si le fonctionnement est parfait, aucun cisaillement d'image.  Cela demande de bonnes compétences en électronique et en mécanique, personnellement cela ne me poserait pas de problème, mais, je ne suis pas convaincu de l'intérêt à la projection (pour les films 18 ips transférés à 16,66 ips, en revanche pour les films 24 ips transférés à 25 ips avec un projecteur 2 pales, le résultat devrait être, un peu, meilleur), même si, intellectuellement, c'est une opération très intéressante qui mérite d'être menée à terme.


    UN PETIT "TUTO" EN IMAGES :



    L'installation sera comparable à celle-ci. Pour aligner tous les éléments, on peut s'aider d'un mètre, mais le résultat n'est pas garanti si le miroir n'est pas exactement vertical, ou si son angle dans le boîtier ne fait pas  exactement 45° par rapport au flux lumineux. Il reste cependant de la marge pour compenser de légers défauts de construction.
     
    L'alignement

      Certains "furieux" qui aiment la complication préconisent l'utilisation d'un laser, foutaise !! Il suffit de positionner le projecteur éclairé parfaitement horizontal, de positionner le boiter condenseur dans l'alignement (vérifier avec une longue règle, si vous n'avez pas l'oeil), vérifier que le cadre lumineux sur la lentille est bien centré, le petit cadre blanc mentionné plus bas peut être utile. Placer une feuille de papier blanc à 80 cm devant le miroir, vous y verrez un joli rond bien éclairé, il suffit de placer l'objectif au niveau de ce rond et c'est "presque.... " terminé, ensuite il faut peaufiner de quelques millimètres (soit en hauteur, soit en largeur) et ensuite introduire un film.

      Lors de la première installation,  vous obtiendrez ça :






    C'est normal, soulevez, baissez, déplacez à gauche, à droite  le caméscope jusqu'à accrocher l'image et obtenir ça (c'est plus facile, en ne mettant pas le zoom du caméscope à fond):




    A partir de là, tout devient intuitif,  nettoyez l'objectif et dans ce cas c'était le diffuseur (j'utilise un petit pinceau à aquarelle) déplacez très légèrement le caméscope pour obtenir ça :


    Position trop haute ou défaut d'horizontalité du projecteur ou du caméscope.



    Défaut d'alignement horizontal du projecteur ou du caméscope, apparition d'aberrations chromatiques en bas et à gauche.




    Position trop haute du projecteur ou du caméscope.





    Le caméscope est trop haut et pique du nez, aberrations chromatiques et déformation en trapèze.



    Déformation en coussin. L'image est trop grande, augmentez le zoom et/ ou avancez le projecteur.




    L'alignement est correct, pour le vérifier faites un zoom avant et arrière du caméscope, l'image doit rester centrée (c'est la seule méthode qui permet de compenser les défauts de fabrication du boîtier condenseur, défaut de la perpendicularité de la lentille ou du miroir ou défaut de l'angle du miroir qui n'est pas strictement égal à 45°). Le caméscope penche légèrement sur la droite.

    Les distances Projecteur-lentille et Lentille-Caméscope sont très variables,  seule compte la distance Projecteur-Caméscope, elle est déterminée par la focale du Caméscope, en moyenne la distance minimale de mise au point en zoomant à 10 est de l'ordre du mètre, par exemple les distances Projecteur-Lentille 30 cm et Lentille-Caméscope 60 cm et Projecteur-Lentille 60 cm et Lentille-Caméscope 30 cm, donneront des résultats équivalents pour le 8 mm, pour le Super 8, les variations sont moins importantes.

    Dès lors, vous pouvez introduire le film pour faire la mise au point, il sera sûrement nécessaire d'avancer ou de reculer très légèrement soit le caméscope, soit le projecteur. Mesurez les distances pour gagner du temps les fois suivantes, personnellement, je transfère avec  le projecteur entre 30 et 35 cm de la lentille et pour le caméscope autour de  60 cm  de la lentille, avec un caméscope dont le zoom est limité à 10x, il faut légèrement réduire ces distances, en utilisant une focale un peu plus courte (zoom à 7 ou 8,  ce qui réduit la distance minimale de mise au point).




    Comment cadrer le film : Le cadrage pose un petit problème à cause du phénomène de l'overscan, en effet,  les télévisions n'affichent pas la totalité de l'image, entre 5 et 10% (c'est variable avec le modèle du téléviseur) sont rognés, cette partie invisible de l'image est utilisée pour des informations techniques. Deux solutions, soit le film est cadré de telle manière que l'écran de télévision ne rogne aucune partie de l'image et sur le PC l'image sera entouré d'un cadre noir pas très esthétique (on peut améliorer en ajoutant un vrai cadre noir bien net), soit le film est cadré pour que l'image remplisse la totalité de l'écran du PC et l'image sera rognée sur le téléviseur. Prendre garde que le LCD des caméscopes montre une image plus grande que celle qui sera enregistrée pour tenir compte du phénomène de l'overscan.



                                                                                                   


                                                                                          Un cache pour faciliter l'alignement .









    Un cache à placer, centré, sur la lentille qui permet de s'assurer que l'alignement est correct. Les  dimensions de la fenêtre calculées de façon expérimentale sont 8 cm X 6.5 cm. Outre le fait qu'il permet un alignement correct, il supprime des diffractions  parasites qui entraînent des aberrations chromatiques. 
    Le résultat, presque parfait, le caméscope (ou le projecteur) penche sur la droite.










    Un exemple d'aberration chromatique due à un défaut d'alignement. J'ai acquis la conviction, expérimentalement,  si l'alignement est correct, que ces aberrations ne viennent pas du fait que la lentille du condenseur n'est pas achromatique et qu'il faudrait utiliser un doublet (association d'une lentille convergente et divergente et dont le prix dépasse le prix d'un caméscope très haut de gamme), sinon  j'aurais constaté ces aberrations sur tous les films, or c'est très exceptionnel ( moins de 0,5%), c'est dû , donc, soit à l'objectif de la caméra et  aux conditions de prise de vue (lumière rasante) ou du caméscope (peu probable), soit à l'objectif du projecteur, soit à un mauvais développement ou une dégradation du film (les couleurs qui dégueulent, notamment en 8 et 16 mm).


    Supertri Heurtier, objectif Angénieux F1:1,5-25 mm. Film 8 mm




    Les autres méthodes de transfert :



    Toutes les autres méthodes de transfert, pour l'amateur,  nécessitent de modifier la vitesse du projecteur à 16,66 images par secondes :

    • la méthode par projection : il suffit de projeter le film sur une feuille 21x29,7 et de filmer avec un caméscope réglé au 1/50° et situé le plus proche possible de l'objectif du projecteur. Les inconvénients sont multiples :
       
    . la qualité du papier est très importante, il faut éviter les papiers brillants avec un grain trop gros, les fibres diffusent et font perdre de la définition.

    . il est impossible de supprimer l'excès de lumière (point chaud ou vignettage) au centre de l'image.

    . l'image est déformée à cause de la parallaxe, l'axe du projecteur est décalé par rapport à l'axe du caméscope.

    Pour avoir de bons résultats (sans plus), il faut avoir du très bon matériel, projecteur et caméscope.

    • le boîtier miracle : il s'agit d'un boîtier constitué d'une lentille, d'un miroir optique et d'un dépoli, c'est apparemment la même technique que celle du condenseur, à la différence que l'on filme l'image réelle du dépoli, d'ou perte de définition, beaucoup de grains et vignettage, c'est la plus mauvaise des méthodes.


      Les méthodes suivantes, comme celle du condenseur, nécessitent, en plus,  de modifier la partie lumière du projecteur, c'est à dire de remplacer la lampe originelle par une lampe moins puissante de 10 à 20 W et d'intercaler un diffuseur (bout de plastique blanc opaque).


    • filmer à travers l'objectif du projecteur, cette technique a été utilisée par des précurseurs, il y a plus de 25 ans, en Allemagne, on trouve de temps en temps sur Ebay Allemagne des objectifs  associés à un prisme pour redresser l'image. Cette méthode donne d'excellents résultats, les mêmes que ceux du condenseur (ce qui démontre que l'ajout d'une lentille et du miroir optique n'altère pas la qualité), encore faut-il trouver le bon objectif, focale et diamètre adaptés à votre projecteur, pour le 8mm il faut un 70 mm, le Super 8 un 60 mm, pour le 9.5 un 90 mm et pour le 16 un 120 mm. J'ai fait des essais pour le Super 8, avec un 100, 70 et un 50 mm Angénieux, je n'ai trouvé aucune différence de qualité avec le système du condenseur, en revanche, il faut savoir qu'il faut redresser l'image verticalement, que cette technique limite le nombre de projecteurs et le nombre de caméscopes (les caméscopes professionnels ou semi sont trop imposants et le micro positionné sur le dessus est souvent gênant), par ailleurs, suivant les objectifs, à la fois celui du caméscope et celui du projecteur, on peut rencontrer des distorsions sphériques (bonne définition au centre de l'image et mauvaise sur les bords), alors qu'avec le condenseur optique (ou système de l'image virtuelle) on ne rencontre pas ce problème.













    En haut, l'image du film à travers l'objectif, en bas la même image avec le condenseur optique.




    • asservir la vitesse du projecteur aux tops synchros du caméscope : cette méthode a été initié par certains qui ont voulu supprimer les images cisaillées, en transférant à 25 ips avec un projecteur modifié avec deux pales au lieu de trois (ce qui n'est pas toujours évident). Effectivement, cette méthode qui nécessite de bonnes connaissances électroniques et un minimum de matériel, permet de supprimer les images cisaillées, ce qui intellectuellement est satisfaisant, mais n'apporte rien en qualité à vitesse réelle. De plus pour les films tournés à 18 images secondes, l'argument qu'une image numérique correspond à une image du film ne tient pas (d'ailleurs pas plus  pour les films tournés à 24 ips), puisqu'il faudra rajouter 6 images par seconde pour retrouver la vitesse initiale (comment ?, dédoublement, trame N + trame N+1, interpolation d'image type Bézier...). Donc résultat équivalent au système du condenseur, réservé aux mordus d'électronique.....


    • utiliser une paluche, mini caméra, introduite à la place de l'objectif du projecteur: cette solution apparemment intéressante a un gros inconvénient, c'est que le transfert utilise un signal analogique (technique obsolète) donc de moins bonne qualité que le signal numérique, néanmoins les résultats sont meilleurs que le transfert par projection ou avec le boîtier miracle. A surveiller, le jour où sortiront des "paluches" numériques avec des capteurs un peu plus gros....


    CONCLUSION : A ce jour, pour un amateur, il n'y a pas mieux que la méthode du condenseur et surtout se méfier de ceux qui montrent des images fixes (des mires, par exemple), seuls les transferts de films permettent de juger de la qualité.


                                                                                                 
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